Depuis le 7 mai 2024, les règles de remboursement des examens thyroïdiens ont changé. La décision de l’UNCAM du 22 mars 2024, publiée au Journal officiel, traduit dans la nomenclature des actes de biologie médicale les recommandations de la HAS de décembre 2022 : la TSH reste l’examen de première intention, les dosages complémentaires (T4L, T3L, anticorps) ne sont remboursés que dans des indications précises et selon une logique de cascade stricte. Concrètement, cela signifie que certains dosages autrefois prescrits systématiquement ne sont plus pris en charge hors indications. À l’Hôpital Privé des Peupliers (Paris 13e), le Dr Gaël Guian s’appuie sur ce cadre pour structurer le bilan thyroïdien de ses patients avant toute décision thérapeutique.

La TSH : seul examen remboursé en première intention

La TSH (Thyroid Stimulating Hormone) est l’hormone produite par l’hypophyse pour stimuler la thyroïde. C’est le marqueur le plus sensible pour dépister un dysfonctionnement thyroïdien : une TSH élevée oriente vers une hypothyroïdie, une TSH basse vers une hyperthyroïdie.

La nomenclature 2024 (acte 1208) confirme que la TSH doit être réalisée seule en première intention, qu’il s’agisse d’un prélèvement diagnostic initial ou d’un contrôle à au moins six semaines d’intervalle pour confirmer une valeur anormale. Elle peut ensuite être suivie, uniquement en cascade, de dosages de T4L et/ou T3L selon son résultat — jamais de façon systématique associée d’emblée.

Cinq actes ont par ailleurs été radiés de la nomenclature (actes 1206, 1210, 1483, 1485, 1486) : ils ne sont plus remboursables, ce qui traduit la volonté de recentrer le bilan thyroïdien sur les examens réellement utiles.

Quand prescrire un dosage de TSH ?

La HAS 2022, dont découle la nomenclature 2024, est explicite : le dépistage systématique de la TSH chez l’adulte asymptomatique n’est pas recommandé. Le dosage est indiqué dans des situations ciblées :

La HAS déconseille également le dosage de TSH lors d’une hospitalisation ou d’une maladie aiguë sans lien thyroïdien, car le résultat peut être faussé.

Voir [Chirurgie thyroïdienne : recommandations SFE 2022]

Comment s’enchaînent les examens complémentaires ?

La logique de cascade est désormais gravée dans la nomenclature. Voici ce que prévoit la décision UNCAM 2024 :

Ce que cela change pour le patient

FAQ

Pourquoi mon médecin ne me prescrit-il plus T3 et T4 en même temps que la TSH ? Parce que la nomenclature 2024 ne les rembourse plus de façon associée d’emblée. Ces dosages ne sont pris en charge qu’en cascade, sur indication précise, après une TSH anormale. C’est conforme aux recommandations HAS 2022 : dans la grande majorité des cas, la TSH seule suffit à orienter le diagnostic.

Le dosage de la T4L pour surveiller mon traitement par lévothyroxine est-il encore remboursé ?

Non, sauf exception. La nomenclature 2024 précise que le dosage de T4L n’est pas recommandé pour le suivi d’une hypothyroïdie traitée. Il reste remboursé uniquement en cas de discordance clinico-biologique — par exemple si des symptômes persistent malgré une TSH normale — pour rechercher une mauvaise observance ou une malabsorption.

Quelle est la cible de TSH pendant la grossesse ?

La HAS 2022 recommande de maintenir la TSH entre le seuil inférieur du laboratoire et 2,5 mUI/L chez la femme enceinte traitée. En cas de TSH supérieure à 4 mUI/L découverte pendant la grossesse, un traitement par lévothyroxine est indiqué. Entre 2,5 et 4 mUI/L avec anticorps anti-TPO positifs, la décision est discutée avec la patiente, idéalement avec avis spécialisé.

Quand consulter un chirurgien endocrinien pour un problème thyroïdien ?

Le Dr Gaël Guian intervient lorsque le bilan — réalisé en amont par le médecin généraliste ou l’endocrinologue — débouche sur une indication chirurgicale : nodule suspect, goitre compressif, nodule toxique, ou cancer thyroïdien confirmé. Il peut également être consulté en cas de nodule associé à une hypothyroïdie ou d’anomalie nécessitant une réévaluation spécialisée.

À retenir

Sources : HAS — Synthèse « Prise en charge des hypothyroïdies chez l’adulte », décembre 2022 ; Décision UNCAM du 22 mars 2024, Journal officiel du 30 avril 2024 (NOR : TSSU2411625S)