Chirurgie des parathyroïdes
La chirurgie des parathyroïdes est indiquée en cas d’hyperparathyroïdie, une affection où une ou plusieurs glandes parathyroïdiennes produisent trop d’hormone parathyroïdienne, entraînant un excès de calcium dans le sang (hypercalcémie).
L’intervention consiste à retirer la ou les glandes responsables du dérèglement. Elle est réalisée sous anesthésie générale, avec une incision discrète au niveau du cou.
Un bilan précis en amont (biologie, échographie, scintigraphie...) permet de localiser précisément la ou les glandes à traiter. Le suivi post-opératoire est simple et la récupération rapide dans la majorité des cas.
Les 10 points essentiels sur l’hyperparathyroïdie et la chirurgie des parathyroïdes
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L’hyperparathyroïdie primaire est une maladie hormonale.
Elle correspond à une sécrétion excessive de parathormone (PTH) par les glandes parathyroïdes, entraînant une élévation du calcium dans le sang et pouvant avoir des répercussions sur les os, les reins et la qualité de vie.
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Les symptômes sont souvent discrets ou atypiques.
Fatigue, douleurs osseuses, troubles de la concentration, calculs rénaux ou fragilité osseuse peuvent être révélateurs, mais la maladie est parfois découverte fortuitement.
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Le diagnostic repose sur un bilan biologique précis.
Il associe le dosage du calcium, de la parathormone (PTH) et de la vitamine D, du calcium et de la créatinine urinaire sur 24 heures ; ainsi qu'une évaluation de la fonction rénale.
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Il existe plusieurs formes d’hyperparathyroïdie.
L’hyperparathyroïdie primaire est liée à une anomalie d’une glande parathyroïde (adénome parathyroïdien).
L’hyperparathyroïdie secondaire est le plus souvent liée à une carence en vitamine D ou à une insuffisance rénale chronique.
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L’imagerie permet de localiser la glande responsable.
L’échographie cervicale, la scintigraphie et parfois le TEP-scan sont utilisés pour identifier la parathyroïde pathologique avant l’intervention.
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La chirurgie est le seul traitement curatif dans les formes primitives.
En cas d’hyperparathyroïdie primaire, l’ablation de la glande responsable est le seul moyen d’obtenir une guérison.
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L’intervention est le plus souvent mini-invasive.
Lorsque la glande malade est bien localisée, une chirurgie ciblée peut être réalisée, limitant les suites opératoires.
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Les bénéfices cliniques sont souvent rapides.
De nombreux patients constatent une amélioration de la fatigue, des douleurs et de la qualité de vie dans les semaines suivant l’intervention.
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Les complications sont rares dans les mains d’un spécialiste.
Grâce à une technique adaptée et à un plateau technique moderne, les risques sont faibles et bien maîtrisés.
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Un suivi médical à est recommandé.
Des consultations de contrôle permettent de s’assurer de la stabilité du bilan biologique et de prévenir les récidives.
Adénome de la parathyroïde : Comprendre l'hyperparathyroïdie, l'intervention et ses enjeux
Qu'est-ce que les glandes parathyroïdes ?
Les glandes parathyroïdes sont quatre petites glandes situées derrière la glande thyroïde, dans le cou. Leur rôle principal est de réguler le taux de calcium dans le sang grâce à la sécrétion de l'hormone parathyroïdienne (PTH). Le calcium est essentiel au bon fonctionnement des os, des muscles, du système nerveux et de nombreuses autres fonctions corporelles.
Les pathologies des parathyroïdes
Lorsque les glandes parathyroïdes fonctionnent anormalement, cela entraîne des troubles du métabolisme du calcium, notamment :
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L'hyperparathyroïdie primaire : due à une production excessive de PTH par une (adénome parathyroidien) ou plusieurs glandes parathyroïdes (hyperplasie des parathyroïdes).
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L'hyperparathyroïdie secondaire : généralement causée par une insuffisance rénale chronique ou un déficit en vitamine D.
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L'hyperparathyroïdie tertiaire : survient lorsque l'hyperparathyroïdie secondaire devient autonome.
Dans la majorité des cas (85 %), l'hyperparathyroïdie primaire est due à un adénome parathyroïdien bénin, dans 15 % des cas à une hyperplasie diffuse ou des adénomes multiples, et dans des cas exceptionnels (1 %), à un carcinome parathyroïdien
Symptômes et complications de l'hyperparathyroïdie primaire
L'hyperparathyroïdie primaire peut être asymptomatique ou provoquer divers symptômes et complications :
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Symptômes généraux : fatigue, faiblesse musculaire, troubles de l’humeur, troubles de la concentration.
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Symptômes digestifs : nausées, constipation, douleurs abdominales, ulcères gastriques, pancréatite aigue sur hypercalcémie (rare).
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Atteinte rénale : formation de calculs rénaux, insuffisance rénale progressive.
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Troubles osseux : ostéoporose, douleurs osseuses, fractures spontanées.
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Manifestations cardiovasculaires : hypertension artérielle, calcifications vasculaires.
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Troubles du sommeil : Présents dans environ 50% des cas, l'hyperparathyroïdie peut entrainer une insomnie.
Diagnostic différentiel
Le diagnostic de l'hyperparathyroïdie primaire normocalcémique nécessite d’avoir éliminé une cause d’élévation secondaire de la PTH : apports en calcium insuffisants, carence en vitamine D, une insuffisance rénale chronique, une fuite rénale de calcium (hypercalciurie idiopathique, diurétiques de l’anse), une malabsorption (maladie inflammatoire intestinale, maladie cœliaque, chirurgie bariatrique), une iatrogénie (denosumab, biphosphonates, lithium, phosphore)
Le principal diagnostic différentiel d’HPTP est l’hypercalcémie hypocalciurique familiale (HHF). L’HHF ou hypercalcémie familiale bénigne associe classiquement une hypercalcémie, une PTH inadaptée et une calciurie normale basse. L’HHF est une maladie monogénique à transmission autosomique dominante, liée à des variant des gènes CASR, GNA11 ou AP2S1.
Comme la calciurie des patients avec une HPTP et ceux avec une HHF peut être la même, il est recommandé de calculer la fraction d’excrétion du calcium, qui correspond au ratio de la clairance du calcium et de la créatinine. Ainsi, une fraction d’excrétion du calcium supérieure à 2 % permet d’affirmer le diagnostic d’HPTP, alors qu’un résultat inférieur à 1 % est en faveur d’une HHF.
Les examens sanguins
Le diagnostic d’HPTP est uniquement biologique. Il est porté devant l’association d’une hypercalcémie associée à une PTH inadaptée, c’est-à-dire élevée ou normale.
Pour diagnostiquer un trouble des parathyroïdes, plusieurs dosages sanguins sont réalisés :
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Taux de calcium : élevé en cas d'hyperparathyroïdie primaire.
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Dosage de la PTH : pour confirmer l’hyperparathyroïdie.
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Dosage de la vitamine D : pour différencier les formes primaire et secondaire.
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Phosphore et clairance de la créatinine : pour évaluer la fonction rénale.
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Calciurie des 24 heures et clairance du calcium urinaire
La forme typique associe une hypercalcémie, une élévation de la PTH et une hypercalciurie. Cependant, l’hypercalciurie n’est présente que dans 50 % des cas environ.
Il est nécessaire d'avoir 2 dosages à 2 semaines d'intervalle pour confirmer l'hyperparathyroïdie.
Les examens d’imagerie
Avant une intervention chirurgicale, des examens d’imagerie sont nécessaires pour localiser la ou les glandes parathyroïdes responsables du trouble :
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Échographie cervicale, thyroïdienne et des parathyroïdes
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Scintigraphie des parathyroïdes (au sestamibi).
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TEP-Choline
Indications opératoires
L'intervention chirurgicale en cas d'hyperparathyroïdie primaire est indiquée dans plusieurs situations :
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Taux de calcium sanguin significativement élevé.
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Atteinte rénale (calculs, insuffisance rénale).
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Troubles osseux (ostéoporose, fractures).
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Symptômes invalidants (fatigue, troubles digestifs, troubles neuropsychiques).
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Patientes jeunes (<50 ans) avec hyperparathyroïdie primaire.
Si l'indication chirurgicale n'est pas retenue, une surveillance annuelle est proposée. La surveillance des patients qui ne subissent pas de parathyroïdectomie dans le cadre de l’HPTP est essentielle pour évaluer l’évolution de la maladie et mettre en évidence l’apparition d’une indication opératoire. Tout d’abord, il est recommandé de surveiller annuellement les concentrations sériques de calcium et de 25(OH)vitamine D.
En ce qui concerne la santé osseuse, une évaluation périodique de la DMO par ostéodensitométrie est recommandée tous les 1 à 2 ans. Si la DMO est normale, un espacement des surveillances est suggéré. Une surveillance de la fonction rénale devra être effectuée annuellement. La surveillance annuelle de la calciurie des 24 heures sera également envisagée.
La chirurgie des parathyroïdes
L’intervention chirurgicale consiste en une parathyroïdectomie, qui peut être réalisée de différentes manières :
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Parathyroïdectomie ciblée ou par abord focal : ablation d’une seule glande hyperactive lorsque celle-ci est clairement identifiée.
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Parathyroïdectomie subtotale : ablation de trois glandes sur quatre en cas d’atteinte généralisée.
L’opération est réalisée sous anesthésie générale et dure généralement entre 45 minutes et 2 heures. Cette intervention est réalisée en ambulatoire. Lors de l'intervention, des dosages sanguins sont réalisés afin de confirmer la réussite de l'intervention.
Suites opératoires et complications
Après l’intervention, le patient est surveillé pour s’assurer du bon équilibre du calcium sanguin. Un traitement temporaire à base de calcium et de vitamine D peut être nécessaire.
Les complications possibles incluent :
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Hypocalcémie transitoire (baisse du calcium post-opératoire).
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Lésion du nerf récurrent (trouble de la voix, moins de 1% des cas)
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Hématome cervical, nécessitant parfois une intervention urgente (très rare, moins de 1% des cas).
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Echec et réintervention : Dans certains cas le taux de parathormone ne baisse pas suffisamment après la chirurgie, il est alors nécessaire de réintervenir.
Le chirurgien vous reverra 1 mois après l'intervention avec un bilan phospho-calcique complet afin de confirmer la guérison.
Le rôle du chirurgien endocrinien
Le chirurgien endocrinien est un spécialiste formé à la chirurgie des glandes endocrines, notamment des parathyroïdes. Son expertise est essentielle pour minimiser les risques opératoires et assurer un bon rétablissement du patient.
Conclusion
La chirurgie des parathyroïdes est un traitement efficace pour l’hyperparathyroïdie primaire causée par un adénome parathyroïdien, lorsque celle-ci entraîne des complications. Grâce aux avancées en imagerie et aux techniques mini-invasives, l’intervention est de plus en plus sûre et précise. Une prise en charge spécialisée est indispensable pour assurer le meilleur pronostic possible.
Source : L’hyperparathyroïdie primaire : du diagnostic à la prise en charge thérapeutique Laure Carpentier a, Benjamin Bouillet
