Plus de 90 % des nodules thyroïdiens sont bénins — et la grande majorité n’ont pas besoin d’être opérés. Pourtant, la découverte d’un nodule lors d’une échographie ou d’un scanner suscite souvent une inquiétude légitime, et la question de la chirurgie se pose presque systématiquement. Les recommandations SFE 2022 (Société Française d’Endocrinologie), élaborées en collaboration avec l’AFCE et la SFMN, définissent des critères précis pour guider cette décision. À l’Hôpital Privé des Peupliers (Paris 13e), le Dr Gaël Guian évalue chaque nodule selon ces critères avant de proposer — ou non — une intervention chirurgicale.

Première étape : évaluer le risque échographique avec le score EU-TIRADS

L’échographie thyroïdienne est l’examen de première intention face à un nodule. Elle permet d’en préciser la taille, la composition (solide, kystique, mixte), les contours et les caractéristiques internes. Les recommandations SFE 2022 s’appuient sur la classification EU-TIRADS, qui attribue à chaque nodule un score de 1 à 5 selon son niveau de suspicion échographique.

Le score EU-TIRADS ne pose pas à lui seul une indication opératoire : il guide la décision de réaliser ou non une cytoponction, qui fournit ensuite une analyse cytologique.

Deuxième étape : interpréter la cytoponction avec la classification de Bethesda

La cytoponction thyroïdienne écho-guidée permet d’analyser les cellules du nodule. Son résultat est exprimé selon la classification de Bethesda, en six catégories :

Les catégories II et III concentrent la majorité des résultats. Un Bethesda II confirmé sur un nodule sans critère de compression ni d’autonomie fonctionnelle ne justifie pas d’opération.

Voir [Chirurgie thyroïdienne : recommandations SFE 2022]

Les autres indications opératoires : compression, hyperthyroïdie, contexte clinique

Au-delà du risque de cancer, les recommandations SFE 2022 retiennent d’autres situations où la chirurgie est indiquée :

Ce que cela change pour le patient

FAQ

Un nodule qui grossit doit-il forcément être opéré ?

Pas automatiquement. Une croissance du nodule — définie par une augmentation d’au moins 20 % dans deux dimensions — justifie de renouveler la cytoponction si elle n’avait pas été réalisée, ou de la répéter si le premier résultat était rassurant. C’est l’analyse cytologique qui oriente la décision, pas la croissance seule.

Peut-on avoir un cancer thyroïdien sans signe à l’échographie ?

Rarement. Les cancers thyroïdiens présentent dans la grande majorité des cas des caractéristiques échographiques évocatrices — hypoéchogénicité, contours irréguliers, microcalcifications — qui leur attribuent un score EU-TIRADS élevé. Un nodule EU-TIRADS 2 ou 3 a un risque de malignité très faible, inférieur à 5 %.

La surveillance d’un nodule bénin est-elle nécessaire à vie ?

Non. Les recommandations SFE 2022 préconisent une surveillance échographique à 1 an, puis à intervalles progressivement espacés si le nodule reste stable. Un nodule bénin stable après plusieurs années de surveillance peut ne plus nécessiter de suivi rapproché.

Qui prend la décision d’opérer ?

La décision est toujours collégiale et partagée avec le patient. Elle implique généralement l’endocrinologue et le chirurgien endocrinien. Le Dr Gaël Guian, à l’Hôpital Privé des Peupliers, réalise une consultation dédiée pour évaluer l’ensemble des éléments — cliniques, échographiques et cytologiques — avant toute proposition chirurgicale.

À retenir

Sources : Recommandations SFE-AFCE-SFMN 2022 (chirurgie thyroïdienne et prise en charge des nodules) ; classification EU-TIRADS (European Thyroid Association) ; système de Bethesda pour la cytopathologie thyroïdienne