Avant toute chirurgie parathyroïdienne, localiser précisément la ou les glandes responsables de l’hyperparathyroïdie primaire est une étape clé. Deux examens d’imagerie fonctionnelle dominent aujourd’hui ce bilan préopératoire : la scintigraphie au MIBI — longtemps référence exclusive — et la TEP-choline, technique plus récente dont les performances surpassent désormais celles du MIBI dans de nombreuses situations. Choisir le bon examen n’est pas anodin : une imagerie concordante conditionne la possibilité de réaliser une chirurgie mini-invasive ciblée, avec des taux de guérison supérieurs à 95 % selon le consensus SFE-AFCE-SFMN 2024. À l’Hôpital Privé des Peupliers (Paris 13e), le Dr Gaël Guian travaille en étroite collaboration avec les équipes de médecine nucléaire pour choisir l’imagerie la plus adaptée à chaque patient.

Pourquoi l’imagerie préopératoire est-elle indispensable ?

Dans l’hyperparathyroïdie primaire (HPT 1), 80 à 85 % des cas sont causés par un adénome unique — une seule glande parathyroïde hyperfonctionnelle. Lorsque l’imagerie préopératoire localise cet adénome de façon fiable, le chirurgien peut réaliser une parathyroïdectomie focalisée : une incision minimale, ciblée sur la seule glande pathologique, sans explorer les quatre sites parathyroïdiens.

Le consensus SFE-AFCE-SFMN 2024 est clair sur ce point : l’approche focalisée est recommandée en première intention lorsque l’imagerie morphologique et fonctionnelle est concordante sur une seule glande (R1, rang A++). En revanche, si l’imagerie est négative ou discordante, une exploration cervicale bilatérale est nécessaire — intervention plus longue, avec un risque légèrement plus élevé de complications.

L’enjeu de l’imagerie préopératoire est donc double : guider le geste chirurgical et permettre une chirurgie moins invasive pour le patient.

Voir [Glandes parathyroïdes : anatomie et fonctionnement]

La scintigraphie MIBI : la référence historique

La scintigraphie parathyroïdienne au sestamibi (MIBI) repose sur l’injection d’un traceur radioactif — le technétium 99m-sestamibi — capté préférentiellement par les cellules à forte activité mitochondriale, dont les cellules des adénomes parathyroïdiens. L’examen produit des images fonctionnelles qui révèlent les zones de fixation anormale.

Elle est souvent couplée à une tomodensitométrie (TEMP-TDM) qui permet de superposer l’information fonctionnelle à une image anatomique précise — on parle alors de scintigraphie MIBI couplée au scanner, ou TEMP-TDM.

Ses performances sont bien établies : sensibilité de l’ordre de 70 à 80 % pour les adénomes uniques, mais significativement plus faible en cas de maladie multiglandulaire, d’adénome de petite taille, ou de patient sous traitement interférant. Elle reste largement disponible sur l’ensemble du territoire français et constitue souvent le premier examen réalisé.

La TEP-choline : une avancée majeure pour les cas difficiles

La TEP-choline (tomographie par émission de positons à la 18F-fluorocholine) est une technique d’imagerie métabolique de haute résolution. Elle exploite la captation préférentielle de la choline — un précurseur membranaire — par les cellules parathyroïdiennes hyperfonctionnelles.

Par rapport au MIBI, ses avantages sont substantiels :

Le consensus SFE-AFCE-SFMN 2024 reconnaît la TEP-choline comme un outil de choix dans le bilan préopératoire de l’HPT 1, notamment lorsque la scintigraphie MIBI est non contributive ou discordante avec l’échographie cervicale.

Sa principale limite reste son accessibilité : la TEP-choline nécessite un équipement spécialisé et n’est pas disponible dans tous les centres. Son remboursement dans l’HPT 1 est encadré par des conditions précises.

Ce que cela change pour le patient

FAQ

Doit-on toujours faire les deux examens ?

Non, pas systématiquement. Le bilan préopératoire repose le plus souvent sur l’association d’une imagerie morphologique (échographie cervicale) et d’une imagerie fonctionnelle (MIBI ou TEP-choline). La TEP-choline est privilégiée en première intention dans les centres qui y ont accès, ou en deuxième intention lorsque le MIBI est non contributif. La concordance entre deux modalités d’imagerie est le critère déterminant pour valider une approche focalisée.

La TEP-choline est-elle remboursée ?

Son remboursement dans l’hyperparathyroïdie primaire est conditionné à des critères précis définis par la HAS, notamment en cas d’échec ou de non-contributivité de la scintigraphie MIBI. Il est conseillé de vérifier les conditions de prise en charge avec l’équipe de médecine nucléaire avant de réaliser l’examen.

Ces examens sont-ils irradiants ?

Les deux examens utilisent des traceurs radioactifs et exposent à une faible dose de rayonnements ionisants, sans danger aux doses utilisées en pratique clinique. La dose effective de la TEP-choline est comparable à celle de la scintigraphie MIBI-TEMP-TDM. Aucun des deux examens ne nécessite de précautions particulières après l’examen pour l’entourage du patient, au-delà de règles d’hygiène simples les premières heures.

Et si l’imagerie reste négative malgré les deux examens ?

C’est une situation qui existe, notamment pour les adénomes de très petite taille ou les localisations ectopiques profondes. Dans ce cas, le consensus SFE-AFCE-SFMN 2024 recommande d’orienter le patient vers un centre spécialisé pour un bilan plus exhaustif, pouvant inclure d’autres modalités d’imagerie ou une exploration chirurgicale bilatérale d’emblée. Le Dr Gaël Guian, à l’Hôpital Privé des Peupliers, accompagne ses patients dans cette démarche en lien avec les équipes de médecine nucléaire référentes.

À retenir

Sources : Consensus SFE-AFCE-SFMN 2024 (HPT primaire, modalités de traitement, R1) ; Chirurgie de l’HPT 1 : techniques et préparation