Combien de personnes sont atteintes d’hyperparathyroïdie primaire en France ?
En appliquant la prévalence de 0,84 % observée dans l’étude écossaise 2007-2018 (SFE 2024) à la population française d’environ 68 millions d’habitants, on obtient une estimation d’environ 570 000 personnes potentiellement atteintes — dont une majorité n’est pas encore diagnostiquée. Ce chiffre est cohérent avec les estimations internationales pour les pays à haut niveau de revenus.
Pourquoi les femmes sont-elles plus touchées que les hommes ?
La prédominance féminine (75 % des cas) est bien établie mais imparfaitement expliquée. Le rôle des estrogènes est évoqué — notamment via l’expression du récepteur ERβ dans les adénomes parathyroïdiens — mais n’est pas encore pleinement élucidé. La ménopause représente clairement un moment charnière, coïncidant avec le pic d’incidence de la maladie (SFE 2024).
L’hyperparathyroïdie primaire peut-elle survenir chez un homme jeune ?
Oui, même si c’est rare. Seulement 5 % des cas surviennent avant 40 ans, tous sexes confondus. Chez l’homme jeune, une HPT 1 doit faire systématiquement rechercher une forme familiale ou génétique — notamment une néoplasie endocrinienne multiple de type 1 (NEM1) ou une mutation du gène CDC73 (SFE 2024).
La prévalence de l’hyperparathyroïdie primaire augmente-t-elle vraiment, ou détecte-t-on mieux ?
Les deux. L’augmentation du diagnostic depuis les années 1970 est en grande partie un effet de détection — lié à la généralisation de la mesure de la calcémie en routine. Mais la prévalence continue d’augmenter même dans les pays où la calcémie est mesurée depuis des décennies, ce qui reflète un véritable effet démographique lié à l’allongement de la vie (SFE 2024).
Qu’est-ce que l’hyperparathyroïdie primaire normocalcémique et pourquoi est-elle sous-diagnostiquée ?
C’est une forme dans laquelle la PTH est élevée mais la calcémie reste normale. Elle est sous-diagnostiquée parce que la calcémie — examen de première intention — est normale, ce qui ne déclenche pas d’exploration complémentaire si la PTH n’est pas dosée simultanément. Sa prévalence réelle est difficile à estimer, entre 0,18 % et 3,1 % selon les études (SFE 2024).
Pourquoi ne dépiste-t-on pas systématiquement toute la population ?
Parce que dans ses formes asymptomatiques — les plus fréquentes — la morbi-mortalité est faible et hétérogène, et le bénéfice d’un traitement systématique n’est pas établi pour tous les patients. Le consensus SFE 2024 recommande en revanche de mesurer la calcémie dès qu’un signe évocateur est présent, et systématiquement chez la femme après la ménopause lors d’un bilan d’ostéoporose (Recommandation R2, SFE 2024). À retenir L’HPT 1 touche 0,84 % de la population générale et 1,18 % des femmes — soit l’une des 3 endocrinopathies les plus fréquentes (étude écossaise 2007-2018, SFE 2024) 75 % des patients sont des femmes ; 85 % des cas surviennent après 50 ans — le pic coïncide avec la ménopause (Recommandation R1, Rang A++, SFE 2024) La prévalence atteint 1,5 % au-delà de 80 ans et continue d’augmenter avec l’allongement de l’espérance de vie L’incidence se stabilise (effet de rattrapage diagnostique) mais la prévalence continue de croître (vieillissement de la population) Les formes normocalcémiques (PTH élevée, calcémie normale) sont largement sous-diagnostiquées — prévalence estimée entre 0,18 % et 3,1 % (SFE 2024) Pas de dépistage systématique recommandé en population générale — mais dosage de la calcémie indiqué dès qu’un signe évocateur est présent, et systématiquement lors d’un bilan d’ostéoporose après la ménopause (Recommandation R2, SFE 2024)


